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La condamnation à mort de rebelles tchadiens et soudanais ne résout en rien les problèmes de Khartoum et N¡¦Djaména, estime un expert

22/08/2008
Roland Marchal, rÌedacteur en chef de la revue Politique africaine - Sauvegardez (MP3) audio clip
Roland Marchal, rÌedacteur en chef de la revue Politique africaine - Ecoutez (MP3) audio clip

Le Tchad et le Soudan ont récemment condamné à mort ou à lourdes peines de prison de divers leaders et membres de groupes rebelles qui leur sont hostiles. Côté soudanais, le tribunal spécial contre le terrorisme a retenu la peine de mort contre huit rebelles du Darfour ¡V dont un
Abdul Aziz Ashr, brother-in-law of Justice and Equality Movement leader Khalil Ibrahim (R), and unidentified co-defendants seen behind bars during court hearing in which the top Darfur rebel and seven others were sentenced to death, 17 Aug, 2008
Abdul Aziz Ashr, beau-frère du Mouvement pour la justice et l'égalité Khalil Ibrahim, et ses coaccusés lors de leur procès
haut conseiller de Khalil Ibrahim, le chef du Mouvement justice et égalité - en rapport avec l'attaque de mai contre Omdourmane. Côté tchadien, la Cour criminelle de N'Djaména a, elle aussi, à l'issue d'un procès express, condamné à mort 11 leaders rebelles ainsi que l'ancien président Hissène Habré, en exil au Sénégal, pour l'attaque rebelle de février contre la capitale tchadienne.

Faut-il voir une simple coïncidence dans ces condamnations à mort de part et d'autre de la frontière tchado-soudanaise ? Pour Roland Marchal, chercheur au CNRS à Paris et rédacteur en chef de la revue « Politique africaine », « on a affaire à deux régimes qui ne sont pas très portés au dialogue. » Les dirigeants soudanais, dit-il, profité de toute la discussion sur la Cour pénale internationale pour montrer que le système judiciaire soudanais fonctionne bien, « surtout pour les opposants. » Pour ce qui est du Tchad, Roland Marchal estime qu'il s'agissait, pour le gouvernement de N'Djaména de lier l'ancien président Hissène Habré avec les groupes rebelles actuels.

« Ça traduit, dans les deux cas, (¡K) le même type d'impasse politique ; il n'y a pas, aujourd'hui, de processus politique pour régler la question du Darfour, et il n'y pas non plus, à cause de la politique de Déby, une possibilité de discuter avec les politico-militaires », a expliqué Roland Marchal.

 

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