Sidi Ould Cheick
Abdallahi, le président mauritanien renversé par la junte militaire le 6 août
dernier, est toujours en résidence surveillée, mais il a été transféré dans son
village natal, à 260 km au sud-est de Nouakchott. Il dit qu¡¦en dehors du
changement du lieu de son assignation, sa situation n¡¦a pas évolué. M.
Abdallahi se considère toujours comme le président de la Mauritanie. « J¡¦ai
été élu, il y a 18 mois, dans des élections tout à fait
 |
| Sidi Ould Cheikh Abdallahi |
transparentes, claires,
et j¡¦ai été écarté par un coup d¡¦Etat militaire, qui peut m¡¦écarter
physiquement, mais qui ne peut rien changer à la légitimité dont je dispose »,
a-t-il déclaré.Le président
mauritanien déchu estime jouir toujours du soutien de la communauté internationale
qui, dit-il « est tout à fait pour la légitimité et le retour à l¡¦ordre
constitutionnelle. » M. Abdallahi s¡¦est félicité de la position du
gouvernement américain. « J¡¦apprécie
de façon particulière la clarté et la vigueur de la position des Etats-Unis dans
ce cadre-là », a-t-il souligné.
Sidi Ould Cheikh
Abdallahi se dit engagé dans une lutte qui lui permettra de retrouver son
poste. « La seule chose qui peut sortir la Mauritanie de cette crise, c¡¦est
la mise en échec de ce coup d¡¦Etat et le retour à la légalité », a-t-il
insisté. Le président
mauritanien renversé dit
 |
| Des partisans d'Abdallahi manifestant à Nouakchott au mois d'octobre |
n¡¦être pas en négociation avec la junte militaire au
pouvoir. Il a indiqué être au courant des préparatifs des « Journées de
concertation pour la démocratie, pour une feuille de route. » M. Abdallahi
estime que « tout cela se fait dans le cadre de la violation de
la légalité.»
Interrogé au
sujet de la menace du terrorisme dans son pays, M. Abdallahi a souligné qu¡¦aucun pays de la
région n¡¦est à l¡¦abri. Il dit craindre que les terroristes soient encouragés à
sévir s¡¦ils se rendent compte que les militaires « sont trop préoccupés
par la politique. » Pour ce qui est du limogeage des principaux chefs de l¡¦armée
et des services de sécurité ¡V l¡¦une des causes du coup d¡¦Etat contre lui ¡V M. Abdallahi
dit n¡¦avoir aucun regret. « J¡¦ai essayé de diriger ce pays en démocrate »,
a-t-il affirmé, relevant toutefois n¡¦avoir pas eu une politique de
communication à la hauteur des grandes attentes des Mauritaniens.